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Soirée de clôture, ciné-concert avec David Caulet

C'est à David Caulet que revenait la responsabilité de clore la 16éme édition du Mois du Film Documentaire.
 
Il propose une soirée en deux parties. Une première partie avec des vidéos du grapheur et vidéaste Blu, que David Caulet accompagne, en live, avec des compositions électroniques spécialement créées pour l'occasion.
Pendant que les vidéos (que vous pouvez voir ICI, malheureusement sans l'environnement sonore de David Caulet) sont projetées, on le voit penché sur ses machines, passant d'un boutons à un autre et maniant les effets avec dextérité.

David Caulet et les créatures de Blu, par Françoise Lienhard.
 
En deuxième partie de soirée, il présente des travaux qu'il a déjà réalisé par le passé. Il s'agit de composition sur des vidéos de l'artiste Norman Mc Claren.
Pour l'occasion, pas de travail en direct, David Caulet peut, pour une fois, apprécier son travail en tant que simple spectateur. Après une présentation enthousiaste de l'œuvre de Mc Claren, il rejoint le public en prenant place dans la salle de conférence du Carré d'Art.


Texte et photo Fabien Garcin, dessin de Françoise Lienhard.

Soirée de clôture, interview de David Caulet

David Caulet est musicien, véritable touche-à-tout, c'est un saxophoniste, issu de la scène jazz, qui s'intéresse aux possibilités de la musique électronique et aux limites des musiques expérimentales.
En avril 2015 il a sorti un disque solo "About 24.5" qui met en avant ses talents de saxophoniste.
Pour cette soirée de clôture il a mis en musique les vidéos de Blu, street-artiste qui dessine sur les murs pour faire des vidéos d'animation.
Il nous présente aussi son travail de composition sur les vidéos abstraites de Norman Mc Claren.

Les instruments de musique pour cette soirée

Il nous accordé un peu de temps entre l'installation de son matériel et le début de la séance pour répondre à nos questions:

Interview et photos Fabien Garcin, son par Françoise Lienhard

"Là où poussent les coquelicots", rencontre avec le réalisateur Vincent Marie

Nous avons invité Vincent Marie dans les studios de la radio RAJE.
C'est un homme aux multiples casquettes: professeur d'histoire géographie et de cinéma au lycée Philipe Lamour, il est également réalisateur, enfin c'est un grand passionné de bande dessinée.

Nous avons parlé de son nouveau film documentaire, toujours en cours de réalisation, "Là où poussent les coquelicots" qui traite de la première guerre mondiale par le prisme de la bande dessinée : 

Entretien réalisé par Nicolas Auzeby dans les studios de RAJE

"Là où poussent les coquelicots", un documentaire en cours de fabrication

Exceptionnellement, le jeudi 11 novembre, le Mois du Film Documentaire n'a pas de film à nous montrer. Le public réuni dans la salle de conférence du Carré d'Art participe ce soir à une discussion.
La discussion est animée par Nathalie Degouzon de Languedoc-Roussilon cinéma, elle posera des questions à Vincent Marie, historien, spécialiste de la bande-dessinée et réalisateur du film "Là où poussent les coquelicots". Il est accompagné par le producteur du film : Laurent Segal de Kanari Films.


Vincent Marie, Laurent Segal et Nathalie Degouzon.
Le film est donc en cours de réalisation. Vincent Marie a emmené avec lui quelques images pour soutenir ses réflexions. C'est un instantané d'un film en construction auquel il  nous ait donné l'occasion d'assister.
Vincent Marie souhaite utiliser "le cinéma comme médium pour travailler la bédé de façon intéressante". Le sujet de son prochain film : la première guerre mondiale et ses représentations.
Une idée au départ de ce film est que la bande dessinée aide à comprendre la guerre de 14-18.
Il est intéressant de remarquer que les derniers acteurs de cette guerre ne sont plus parmi nous: les derniers poilus sont morts. Que nous reste-t-il ? Les images d'archives, les photos, les textes d'époque.
Selon Vincent Marie, la bande dessinée permet de"reconstruire cette époque". Les auteurs de bédé se servent bien souvent des mêmes archives que les historiens. Ainsi, pour un large public, les œuvres de bédés viennent nourrir l'imaginaire collectif et les images de bandes-dessinées viennent se substituer aux photos d'époque.

Vincent Marie (à gauche) et les images de la guerre. Dessin de Françoise Lienhard.
Fabriquer un film, essentiellement, c'est répondre à des questions, des dizaines et des dizaines de questions. A commencer par "Pourquoi faire ce film ?" et celles qui viennent juste après "Pour dire quoi " et "Pour le dire à qui?"
Elles s'accompagnent de toutes les questions en "comment", en voici quelques-unes abordées ce soir là : "Comment mettre en place une histoire sur ce sujet ?" qui va de pair avec la question essentielle : "Comment embarquer le spectateur dans ce sujet?"
Pour le réalisateur, il faut alors répondre à "Comment écrire ce documentaire?" Vincent Marie nous explique qu'il faut être très précis dans l'écriture tout en laissant une large place au réel et aux surprises qui font souvent la richesse d'un documentaire. Pour l'instant il opte pour un déroulé de l'histoire de façon chronologique, en suivant les événements de la première guerre mondiale, mais il ne s'interdit pas de changer en cours de route.
Avec quel casting ? Qui inviter à apparaitre dans le film ? Comment les aborder ? Et les faire accepter à participer au tournage ? Vincent Marie souhaite un casting d'auteurs internationaux, sa passion et ses connaissances encyclopédiques en bande dessinée sont d'une grande aide pour simplifier les contacts. Se pose alors des questions de réalisation :
Comment mettre en image un dessinateur ? Comment utiliser les images fixes de bande dessinée ? Faut-il aussi utiliser des images d'archives (qui coutent très cher)?

Laurent Segal, producteur, dessiné par Françoise Lienhard.

Pour le producteur vient vite la question: "Comment financer ?". Laurent Segal nous explique le rôle central de la télévision dans la chasse au financement: "un verrou à faire sauter".
"Comment trouver un équilibre entre désir de réalisation et budget ?" Se pose alors la question humaine "Comment peuvent s'entendre un réalisateur (avec toutes ses envies) et un producteur (avec toutes les limites qu'il doit mettre) ?"
Doit aussi se résoudre la question technique de "Comment monter une équipe ?", combien de personnes sur le tournage, ingénieur du son, cameraman...Pendant combien de temps ?

Détail de "The Great War", une bande dessinée dépliable de 7 mètres de long par Joe Sacco.
Ce soir là, s'ils ont répondu à quelques questions des spectateurs sur la fabrication d'un documentaire ; Laurent Segal et Vincent Marie sont repartis avec des dizaines de questions auxquelles ils doivent toujours répondre pour réaliser leur film.

texte et photos Fabien Garcin
dessins de Françoise Lienhard


"Là où poussent les coquelicots", réaction du public

Dans l'amphithéâtre de la salle de conférence de Carré d'Art, un petit groupe d'étudiantes a écouté attentivement la discussion entre Vincent Marie, Laurent Segal et Nathalie Degouzon.
Posant des questions, revenant sur des points à éclaircir, ces trois lycéennes ont fait avancer la discussion lors de la soirée.
Trois élèves de Vincent Marie, venues voir ce soir-là leur professeur dans un contexte différent. Habituées à côtoyer "Mr Marie", le prof, elle voyait ici "Mr Marie", le réalisateur.

A la fin de la séance, Emilie, Louise et Valentine ont accepté de partager leurs impressions avec nous :
  Texte et interview de Fabien Garcin, avec Françoise Lienhard au son

"Comme si nous attrapions un cobra" échanges avec des spectateurs

En ce mardi 24 novembre, Souad Sitters s'est rendue à la médiathèque Simone Veil de Marguerittes.
Eddie Pons, dessinateur de presse,  accompagne la projection de "Comme si nous attrapions un cobra" de la réalisatrice franco-syrienne Hala Abdallah. Elle nous fait part des ses impressions sur cette projection émouvante :

Au cours des deux années qu’a duré la réalisation du film «  Comme si nous attrapions un cobra » - de l’été 2010 à l’été 2012 - d’immenses bouleversements se sont produits au Moyen-Orient, et notamment dans les deux pays du film, L’Egypte et la Syrie.
«  Comme si nous attrapions un cobra » est un film documentaire âpre, empreint de la souffrance de l’écrivaine et journaliste syrienne Samar Yazbek.  Depuis Damas, dans les mois précédant la révolution syrienne, jusque dans l’exil en France, cinq mois après son déclenchement, ses réflexions et ses textes ponctuent les séquences du film. On y voit également Mohieddine Ellabbad qui a su opérer la transmission de l'art de la caricature auprès de la jeune génération de caricaturistes égyptiens. Le film d'Hala Abdalla nous laisse entrevoir la richesse de l’art de ces caricaturistes en filmant à de nombreuses reprises leurs planches de dessins. «  Comme si nous attrapions un cobra » montre à quel point ces jeunes caricaturistes se sont fait l’écho des citoyens égyptiens, prônant « la résistance par l’ironie » comme l’appelle de ses vœux le journaliste caricaturiste torturé Ali Farzat.

Eddie Pons réagit, en dessins, au documentaire
 
Après la projection du film, le public était ému, silencieux, les yeux humides…

Par respect, j’ai attendu un moment avant de les approcher et d’accueillir leurs témoignages à la fois émouvants, touchants, et porteurs d'un message de SOS pour le monde.
Les témoignages de Jocelyne, Dominique ou encore d’Olivier s’unissent dans le fond:
comprendre la souffrance de l’autre et ne pas ignorer les cris sanglants d’un peuple réprimé, avide de liberté.
Selon ces spectateurs, le dessin et la littérature sont des moyens pacifiques efficaces  pour combattre la dictature en dénonçant les injustices.

J'ai rencontré Jocelyne, une spectatrice émue, qui connait bien la Syrie pour y avoir voyagé par le passé :
 
Par la suite Dominique m'a accordé un peu de temps:
 
Enfin, Olivier a partagé avec moi ses impressions:
  Sons et entretiens par Souad Sitters

Graffitis et "artivisme", rencontre avec Cedric Crouzy

Lors de la séance du 21 novembre consacrée au film de Banksy "Faites le mur!", Cédric Crouzy est invité pour animer le débat.

Si Banksy est un artiste incontournable lorsqu'on parle de street-art, Cedric Crouzy est en train de devenir l'homme incontournable lorsqu'on parle de street-art à Nîmes.

Au Spot, Cédric Crouzy, avec Spot, le chat.
Avec l'association Bullshit, il est à initiative de "L'expo de Ouf", un projet qui couvre de fresques les murs des quartiers délaissés de Gambetta et Richelieu.

Pour fédérer les énergies créées autour de ce projet, se monte Le Spot, au 8 rue Enclos Rey, un lieu alternatif, dédié aux cultures urbaines. Le Spot reçoit régulièrement des expos, propose des concerts, nous accueille avec un bar et a même créé une petite boutique dédiée aux artistes présentés dans ses murs.

Quelques jours avant la séance de "Faites le mur!" au Carré d'Art, confortablement installé sur la terrasse du Spot, Cédric Crouzy nous parle de son rapport au street-art :


Interview menée par Fabien Garcin, avec Kelly Hubert au son.

Faites le mur!", street-art: les murs Nîmois

Inspirés par le documentaire "Faites le mur!" de Banksy, appareil photos à la main, Nicolas Auzeby et Fabien Garcin sont partis à la chasse aux graffitis.

Un grand merci au magasin Whole Street pour les conseils sur les endroits à dénicher, à La Ruche pour l'accueil et au Spot pour le travail effectué pour les quartiers Gambetta et Richelieu.

Voici un aperçu des graffitis et fresques visibles à Nîmes en novembre 2015, d'ici peu, beaucoup seront recouverts, en attendant, vous pouvez en profitez ici:



Photographies de Nicolas Auzeby et Fabien Garcin
Montage vidéo par Nicolas Auzeby.

Dessins du réel : Nassimo Berthommé explore d'autres formes d'expression

William Flobert, a rencontre Nassimo Berthommé, étudiant en quatrième année à l'école des Beaux-Arts de Nîmes. Ce dernier lui a parlé du rapport entre le réel et l'art, de son désir de créer, de la "liberté de créer des choses qui ne servent vraiment à rien"



Interview de Nassimo Berthommé à l'Ecole des beaux-Arts de Nîmes par William Flobert

"Cartographies" de Seb Coupy et "le Printemps de Sant Ponç" de Eugenia Mumthaler et David Epiney à la médiathèque de Caveirac

Une soirée particulière attendait les spectateurs, nombreux, venus assister à la double projection de ce vendredi, à la médiathèque de Caveirac. Les deux films présentés donnent en effet à voir le monde et la vie à travers le regard de personnes âgées dépendantes et de personnes souffrant de handicaps mentaux, par le biais du dessin. Ces deux films ont encore d'autres points communs : tous deux sont réalisés par des Suisses, tous deux traitent leur sujet avec une grande délicatesse, en utilisant la voix des personnes qui interviennent dans le film, sans qu'apparaissent leur visage ou leur corps.

Dans le film "Cartographies", l'ombre des mains du réalisateur cache ou fait apparaître tel ou tel détail de la carte du monde dessinée par chacun des patients de l'hôpital de jour de Gonesse qui a bien voulu se prêter à son jeu. Chacune de ces personnes dessine le monde comme il le connait, comme il est ancré dans sa mémoire, dans son cœur, avec des blancs, des vides des zones tantôt floues, tantôt hyper-développées, et raconte au réalisateur comment il vit et a vécu ce monde là, le sien.
 

Les spectateurs durant la projection
à la médiathèque de Caveirac
dessins Françoise Lienhard
 
A quoi sert la cartographie ? Sylvain Chouzenoux, cartographe à Nîmes, décrit son métier au micro d'EntreVoix.


Interview de Sylvain Chouzenoux réalisé par Samira Jelloul  au studio de RAJE

Le second film, "Le Printemps de Sant Ponç", s'est emparé avec une égale sensibilité des dessins réalisés cette fois par les résidents d'une maison accueillant des personnes handicapées mentales à Sant Ponç, en Espagne. Le film réalisé en animation à partir des dessins réalisés par ces personnes au cours d'ateliers offre un parcours à travers leurs inquiétudes et leurs histoires, parfois cocasses, parfois dramatiques, toujours touchantes.
 

dessins de William Flobert et Mariama M'Déré, inspirés par "Le Printemps de Sant Ponç"

Jepida, dessinateur d'humour, parle de la liberté d'expression et des liens entre le dessin et le réel

Jepida est un caricaturiste passionné par le dessin depuis l'enfance. A l'âge de 23 ans il réalise des dessins d'humour et, dès l'âge de 26 ans, ses dessins paraissent dans la presse. Il a publié une vingtaine d'albums à ce jour.

Je l'ai rencontré et interviewé, lors du pot du premier mardi du mois du club de la communication et de la presse de Nîmes, et il m'a gentiment dessiné une caricature en lien avec le mois du film documentaire qui se tient en novembre au Carré d'Art : un moment chaleureux et convivial.
 
Interview et texte de Samira Jelloul




 Dessin de Jepida - novembre 2015

"Caricaturistes Fantassins de la démocratie": le film de Stéphanie Valloatto projeté en présence de Laurent Salles

"Caricaturistes, fantassins de la démocratie" est un film documentaire français sorti en 2014. La réalisatrice, Stéphanie Valloatto a rendu visite à des caricaturistes et dessinateurs de presse dans une dizaine de pays pour questionner et montrer quelles étaient leur place et leur rôle dans le fonctionnement de la démocratie.

 
Laurent Salles commentant ses dessins pour le public - Photo William Flobert 
 
On rencontre ainsi dans ce film Plantu, Damien Glez dessinateur de presse franco-burkinabè, Baha, fameux caricaturiste palestinien, décédé il y a un mois, Jeff Danziger dessinateur new-yorkais, Michel Kichka caricaturiste en Israël, Rayma Suprani qui travaille au Vénézuela, Slim à Alger, Angel Boligán Corbo, installé au Mexique, le dessinateur de presse russe Mikhail Zlatkovsky, Nadia Khiari, alias Willis, Lassane Zohoré, Ivoirien, fondateur de GBich.

Chacun d'eux doit gérer la pression de la censure - parfois de l'auto-censure - et du politiquement correct. Dans les pays où la démocratie chancelle, la liberté d'expression des dessinateurs de presse est réduite à une peau de chagrin et, chaque jour, le dessin publié peut soulever une avalanche de courriers - ce qui est un moindre mal - des menaces,  l'ire d'un dictateur, une arrestations, voire la torture. Le dessin est une arme puissante pour défendre les valeurs et les libertés humaines, et le caricaturiste est un fantassin de la démocratie.

Depuis la réalisation du film de Stephanie Valloato, de l'eau a coulé sous les ponts... de Paris et d'ailleurs, du sang aussi. Plus que jamais peut-être, le travail des dessinateurs de presse dans le monde est un combat quotidien pour la sauvegarde des valeurs humaines et démocratiques.

Dominique Rousselet et Laurent Salles présentent 
le film "Caricaturistes Fantassins de la démocratie"
Croquis Françoise Lienhard
 
Mercredi 18 novembre, Laurent Salles, dessinateur de presse né à Nîmes, établi aujourd'hui à Strasbourg, était présent à la projection de "Caricaturistes Fantassins de la démocratie" au Carré d'Art. Après le film, il a évoqué longuement son travail, en montrant et commentant quelques-uns de ses dessins parus (ou non). Il produit actuellement des dessins pour divers médias : quotidiens, magazines et sites web. On peut ainsi voir ses dessins dans l'Alsace, Sciences et Vie Junior et sur le site de Rue 89.


Laurent Salles et le dessin du réel :

Texte et interview : Françoise Lienhard,
son : Souad Sitters

La philo à bras le corps - vive la philosophie buissonnière avec Alain Guyard


Yohan Laffort est un observateur militant de notre temps. Ses films questionnent les notions d'identité, de culture, de transmission, d'altérité. Ils interrogent les nombreuses formes de résistance.
" La Philo à bras le corps" - dessin de Kelly Hubert


Avec le documentaire "la Philo à bras le corps", Yohan Laffort amène le spectateur sur les traces d’Alain Guyard. Celui-ci nous met à table avec la philosophie, qu'il ramène à sa dimension charnelle, dérangeante, dans des lieux inattendus, près des citoyens désireux de questionner leur rapport au désir, à la vie, aux autres, au monde. 

Fabien Garcin a conversé avec Alain Guyard. Un rendez-vous téléphonique prit un peu avant midi, Alain Guyard est dans sa cuisine, tablier autour du coup, il se prépare à cuisiner des croque-monsieur (à l'ananas)...

Interview d'Alain Guyard, écrivain, raconteur d'histoires (et aussi un peu philosophe)



Interview téléphonique: Fabien Garcin,
avec le soutien technique du studio de France Bleu Gard Lozère

Comme annoncé dans l'interview, Alain Guyard était présent à Nîmes le samedi 14 novembre à la Coletilla. 
Une date particulière. Au lendemain des attentats de Paris, la France se réveille groggy, sonnée, meurtrie. Prévu longtemps à l'avance, le sujet de la discussion du jour prenait aussi une résonance particulière:  le fait religieux. 
Une soirée au titre provocateur et joyeux :"Dieu est un trou et Satan m'habite". 

Comme tout conférencier Alain Guyard s'appuie sur des documents visuels pour étayer ses propos. 
Mais, on commence à le comprendre, Alain Guyard ne fait rien comme personne. Plutôt qu'un powerpoint aux couleurs pastel, le document pédagogique fournit au public est un petit livret fait maison: des extraits de textes de Rousseau et de Nietzsche, écrits à la main et agrémentés de dessins par son ami Pascal Gros :


Bien que l’événement n'était pas en lien avec le Mois du Film Documentaire, nous avons choisi de vous montrer ce petit livret, d'abord parce qu'il tombe en lien direct avec le sujet du festival : "les dessins du réel". Ensuite parce qu'il nous rappelle la forme fanzine (dont nous avons parlé plus bas dans ce blog). Enfin, il demeure la trace tangible d'une soirée vécue, certes dans la réflexion philosophique, mais avant tout dans l'émotion, le partage citoyen et la résistance aux obscurantismes. 
 
Texte, interview et photos par Fabien Garcin.

Le C.O.D. et le Coquelicot


Je me suis rendue à la médiathèque Jean PAULHAN, au Mas de Mingue, pour visionner trois films documentaires. J'ai été particulièrement intéressée par un de ces films : « le C.O.D. et le Coquelicot ». 

Dans une école primaire d’un quartier périphérique de Paris, cinq jeunes maîtres sans expérience ont fait le pari de rester. Cinq ans après, ils nous parlent de leur quotidien dans ce lieu où ils tentent de construire entre découragement et projets, une école pas comme les autres. « Ça m’affecte que personne dans ma classe ne sache ce qu’est un coquelicot. Ça m’affecte énormément. J’en viens à douter des priorités, à douter de ce dont je ne devrais pas douter : à quoi ça va leur servir de savoir ce qu’est un C.O.D., s’ils ne savent pas ce qu’est un coquelicot ? » 

Sylvie DARRAS, animatrice pour l'Ecole des Parents et des Educateurs du Gard (EPE 30) répond aux questions de Souad Sitters.

"La craie et la plume" : Dessin de Kelly Hubert
Interview de Souad Sitters, prise de son William Flobert
 
Selon Sylvie Darras, de l'(EPE 30), venue animer le débat qui a suivi les projections, être éducateur est un métier qui n'est jamais acquis, qui change tout le temps car le monde change.
Pour elle, ce film est un témoignage touchant, car nous sommes en face d'enseignants dans une situation de fragilité ; ils se heurtent au réel malgré leurs volonté et leur détermination.« Le C.O.D. et le coquelicot » est aussi, selon elle, une leçon de vie : avoir un autre regard sur les autres, se rendre compte que la colère n'a pas sa place au sein de l'école, de l'école publique. Essayer de comprendre le rébellion des jeunes élèves, le contexte social, psychologique et familial pour gagner le pari de l'éducation.
Ce film propose un nouveau regard sur ces professeurs qui enseignent dans des écoles réputées « ingérables »

 "Le COD et le Coquelicot" – dessin de Françoise Lienhard

Texte de Souad Sitters

Craie, plume, espace, C.O.D. et coquelicot - Une soirée à la bibliothèque Jean Pauhlan

Le vendredi 13 novembre, c'est au tour de la bibliothèque Jean Paulhan d'accueillir le Mois du Film Documentaire.Trois documentaires ont été projetés :
- "Le C.O.D. et le coquelicot", réalisé par Cécile Rousset et Jeanne Paturle,
- "Espace", réalisé par Eleonor Gilbert et
- "La craie et la plume", un film de Lionel Retornaz.


Trois films liés par la thématique de l'école, avec trois angles différents de prise sur le réel, avec une approche créative et originale.
Film d'animation pour "Le C.O.D. et le coquelicot", plans fixes et voix off pour "La craie et la plume", plan simple sur une fillette qui dessine pour "Espace".
Ces trois approches nous entraînent au plus près de l'école, de son fonctionnement entre élèves, aux difficultés que rencontrent les enseignants, en passant par les rêves et les craintes des enfants.
La projection des films est complétée par un débat. 
Sylvie Darras, animatrice pour l'Ecole des parents et des éducateurs du Gard (EPE30), conduit une discussion animée sur la place de l'école dans une société qui change.


Texte et photos : Fabien Garcin

Craie, plume, espace, C.O.D. et coquelicot - une soirée presque comme à l'école

L'école est un univers où tous cohabitent avec plus ou moins d'enthousiasme. Trois courts métrages documentaires étaient présentés ce vendredi 13 novembre à la Médiathèque Jean Paulhan, montrant les difficultés rencontrées par les uns et les autres. 
Un débat, animé par Sylvie Darras, animatrice pour l'Ecole des parents et des éducateurs du Gard (EPE30) a suivi la projection.

"Espace", d'Eleonor Gilbert, présente une gamine bien dans ses baskets qui, se servant du dessin comme outil de communication, explique à la réalisatrice la difficulté pour les filles de prendre leur place dans la cour de récréation. Elle fait courir son crayon sur le papier avec l'aisance d'un général présentant son plan d'attaque à ses officiers. Mais son désarroi est réel devant l'impossibilité de s'appuyer sur les adultes - en l'occurrence les enseignants de son école - pour l'aider à s'imposer légitimement sur un bout de territoire. Sa représentation mentale de l'espace et la facilité qu'elle éprouve à transcrire celui-ci sur le papier a étonné plus d'un spectateur.


"Le C.O.D. et le coquelicot", de Cécile Rousset et Jeanne Paturle transporte les spectateurs dans une école d'un quartier périphérique de Paris, avec des enfants ayant de grosses difficultés à accepter les règles de l'école. Ici, cinq jeunes enseignants décident de s'impliquer sur le long terme, dans des classes où les apprentissages se font de haute lutte ; ils sont filmés dans leur classe, leur école, lors d'une classe de neige, etc. Le recours au dessin et à la peinture dédramatise ce qui ressemble bien souvent à un bras de fer avec les enfants.

Cette prise de distance rend ce film - qui prend figure de film d'animation - léger et touchant, malgré la difficulté du sujet. Il permettra peut-être aux éducateurs qui auront vu ce film de se positionner différemment dans leur rôle, face aux enfants ou avec eux.



"La craie et la plume", de  Lionel Retornaz, est un film très onirique qui met en scène trois enfants et leur parole au cœur d'une classe qui semble déserte, comme abstraite. Ces enfants rêvent, imaginent, parlent à mi-voix de leur désir de créer, de dessiner, d'écrire. Les images suivent ces paroles de manière discrète, elliptique, par petites touches de lumière.
 texte et illustrations : Françoise Lienhard

Underground et fanzinat : le point de vue de Pacôme Thiellement, essayiste et réalisateur

Au lendemain du "Cabaret métaphysique" donné le 10 novembre au Périscope, dans le cadre du ZO festival à Nîmes, Pacôme Thiellement s'est prêté à une interview pour l'atelier radio EntreVoix, dans les allées des Jardins de la Fontaine.

On y retrouve la générosité de ce personnage marquant de la scène underground française, dont le cœur est ouvert aussi bien à la pataphysique d'Alfred Jarry, qu'aux délires de Franck Zappa, à la fantaisie de séries comme Twin Peaks ou à l'univers fantasque du fanzinat. 




Interview de Françoise Lienhard 

Le fanzine, entretien avec Joël Mas, dessinateur et auteur du fanzine "Dark Wine"


Joël MAS est le dessinateur d'un fanzine qui raconte avec humour les histoires de son personnage appelé Dark Wine. Il nous a parlé de son univers. Joël MAS présentait ce vendredi 13 novembre au Bada Bing, 8 rue Jean Reboul à Nîmes, sa cuvée 2015 : "Dark Wine est formidable", fraîchement imprimé par l'atelier d'arts graphiques de l'Artothèque Sud de Nîmes.

Entretien réalisé par Nicolas Auzéby dans les studios de RAJE, avec Kelly Hubert à la technique.

Joël Mas,dessinateur et auteur du fanzine "Dark Wine".



Retrouvez Dark Wine et son auteur sur le net :
pour écouter la musique de Dark Wine c'est ici
pour aller sur le site de Dark Wine -le vrai ! - c'est par là ,
ou encore par là  si vous voulez découvrir les fanzines de Joël Mas.

Jacques Velay, dessinateur de fanzine réagit à l'issue de la projection du film "Undergronde"

A la sortie du film « UnderGronde », nous avons abordé au hasard un des spectateurs, dans le brouhaha de la fin de soirée au ZO. 
Le hasard faisant bien les choses, c'est Jacques Velay, dessinateur montpelliérain, ami de Mattt Konture et de Francis Vadillo, membre de l'Association, contributeur à divers fanzines, et auteur de « Jean de l'Ours ».
 
Il s'est confié au micro d'EntreVoix.


Entretien, prise de son : Françoise Lienhard

"UnderGronde", un film de Francis Vadillo

C'est au Zo, lieu d'art et de culture régi par l'association Anima, que le Mois du Film Documentaire était invité ce mercredi 11 novembre.

Françoise Lienhard croque Matt Konture et Pacôme Thiellement avant le début de la projection.
Le documentaire fonctionne à l'énergie, celle injectée par Francis Vadillo dans la réalisation et celle, contagieuse, que les acteurs du documentaire mettent dans leur passion. Nous suivons donc des "passionnés du trait", des adeptes du "fait tout", "fais le maintenant" et "fais-le toi-même".
Francis Vadillo nous montre des ateliers de sérigraphie, les couleurs qui s'étalent, les pages pliées à la main, coupées à la main; pour un milieu où la vente se fera aussi souvent directement de la main à la main.

Dans ce monde de la micro-édition et du fanzine, il faut faire, faire encore et se faire plaisir. C'est un milieu de passionnés. Une joyeuse bande, éclatée sur toute la France: de la Fanzinothèque de Poitiers, à Lyon, à Lille, en passant par le Lot. Tous sont unis par cette passion, et de temps en temps, aussi, physiquement, lors d'un salon (par exemple à Angoulême) ou d'une rencontre autour du fanzine.

Tous vivent et font vivre leur passion en restant "underground", un peu à la marge, réfractaires aux concepts de délais de productions, de grande distribution, de prévente et de contrats.


Exemples de Fanzine distribués au Zo

Ils fabriquent un monde fascinant ; en couleurs, et en noir et blanc, des livres grands formats, des petits formats, des livres de 900 pages en forme de cube, des livres qui se déplient, des livres qui tiennent dans la poche, des livres qui s'ouvrent à l'envers... le tout fait à la main, artisanalement.

Texte et photos Fabien Garcin