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Soirée de clôture, ciné-concert avec David Caulet

C'est à David Caulet que revenait la responsabilité de clore la 16éme édition du Mois du Film Documentaire.
 
Il propose une soirée en deux parties. Une première partie avec des vidéos du grapheur et vidéaste Blu, que David Caulet accompagne, en live, avec des compositions électroniques spécialement créées pour l'occasion.
Pendant que les vidéos (que vous pouvez voir ICI, malheureusement sans l'environnement sonore de David Caulet) sont projetées, on le voit penché sur ses machines, passant d'un boutons à un autre et maniant les effets avec dextérité.

David Caulet et les créatures de Blu, par Françoise Lienhard.
 
En deuxième partie de soirée, il présente des travaux qu'il a déjà réalisé par le passé. Il s'agit de composition sur des vidéos de l'artiste Norman Mc Claren.
Pour l'occasion, pas de travail en direct, David Caulet peut, pour une fois, apprécier son travail en tant que simple spectateur. Après une présentation enthousiaste de l'œuvre de Mc Claren, il rejoint le public en prenant place dans la salle de conférence du Carré d'Art.


Texte et photo Fabien Garcin, dessin de Françoise Lienhard.

Soirée de clôture, interview de David Caulet

David Caulet est musicien, véritable touche-à-tout, c'est un saxophoniste, issu de la scène jazz, qui s'intéresse aux possibilités de la musique électronique et aux limites des musiques expérimentales.
En avril 2015 il a sorti un disque solo "About 24.5" qui met en avant ses talents de saxophoniste.
Pour cette soirée de clôture il a mis en musique les vidéos de Blu, street-artiste qui dessine sur les murs pour faire des vidéos d'animation.
Il nous présente aussi son travail de composition sur les vidéos abstraites de Norman Mc Claren.

Les instruments de musique pour cette soirée

Il nous accordé un peu de temps entre l'installation de son matériel et le début de la séance pour répondre à nos questions:

Interview et photos Fabien Garcin, son par Françoise Lienhard

"Là où poussent les coquelicots", rencontre avec le réalisateur Vincent Marie

Nous avons invité Vincent Marie dans les studios de la radio RAJE.
C'est un homme aux multiples casquettes: professeur d'histoire géographie et de cinéma au lycée Philipe Lamour, il est également réalisateur, enfin c'est un grand passionné de bande dessinée.

Nous avons parlé de son nouveau film documentaire, toujours en cours de réalisation, "Là où poussent les coquelicots" qui traite de la première guerre mondiale par le prisme de la bande dessinée : 

Entretien réalisé par Nicolas Auzeby dans les studios de RAJE

"Là où poussent les coquelicots", un documentaire en cours de fabrication

Exceptionnellement, le jeudi 11 novembre, le Mois du Film Documentaire n'a pas de film à nous montrer. Le public réuni dans la salle de conférence du Carré d'Art participe ce soir à une discussion.
La discussion est animée par Nathalie Degouzon de Languedoc-Roussilon cinéma, elle posera des questions à Vincent Marie, historien, spécialiste de la bande-dessinée et réalisateur du film "Là où poussent les coquelicots". Il est accompagné par le producteur du film : Laurent Segal de Kanari Films.


Vincent Marie, Laurent Segal et Nathalie Degouzon.
Le film est donc en cours de réalisation. Vincent Marie a emmené avec lui quelques images pour soutenir ses réflexions. C'est un instantané d'un film en construction auquel il  nous ait donné l'occasion d'assister.
Vincent Marie souhaite utiliser "le cinéma comme médium pour travailler la bédé de façon intéressante". Le sujet de son prochain film : la première guerre mondiale et ses représentations.
Une idée au départ de ce film est que la bande dessinée aide à comprendre la guerre de 14-18.
Il est intéressant de remarquer que les derniers acteurs de cette guerre ne sont plus parmi nous: les derniers poilus sont morts. Que nous reste-t-il ? Les images d'archives, les photos, les textes d'époque.
Selon Vincent Marie, la bande dessinée permet de"reconstruire cette époque". Les auteurs de bédé se servent bien souvent des mêmes archives que les historiens. Ainsi, pour un large public, les œuvres de bédés viennent nourrir l'imaginaire collectif et les images de bandes-dessinées viennent se substituer aux photos d'époque.

Vincent Marie (à gauche) et les images de la guerre. Dessin de Françoise Lienhard.
Fabriquer un film, essentiellement, c'est répondre à des questions, des dizaines et des dizaines de questions. A commencer par "Pourquoi faire ce film ?" et celles qui viennent juste après "Pour dire quoi " et "Pour le dire à qui?"
Elles s'accompagnent de toutes les questions en "comment", en voici quelques-unes abordées ce soir là : "Comment mettre en place une histoire sur ce sujet ?" qui va de pair avec la question essentielle : "Comment embarquer le spectateur dans ce sujet?"
Pour le réalisateur, il faut alors répondre à "Comment écrire ce documentaire?" Vincent Marie nous explique qu'il faut être très précis dans l'écriture tout en laissant une large place au réel et aux surprises qui font souvent la richesse d'un documentaire. Pour l'instant il opte pour un déroulé de l'histoire de façon chronologique, en suivant les événements de la première guerre mondiale, mais il ne s'interdit pas de changer en cours de route.
Avec quel casting ? Qui inviter à apparaitre dans le film ? Comment les aborder ? Et les faire accepter à participer au tournage ? Vincent Marie souhaite un casting d'auteurs internationaux, sa passion et ses connaissances encyclopédiques en bande dessinée sont d'une grande aide pour simplifier les contacts. Se pose alors des questions de réalisation :
Comment mettre en image un dessinateur ? Comment utiliser les images fixes de bande dessinée ? Faut-il aussi utiliser des images d'archives (qui coutent très cher)?

Laurent Segal, producteur, dessiné par Françoise Lienhard.

Pour le producteur vient vite la question: "Comment financer ?". Laurent Segal nous explique le rôle central de la télévision dans la chasse au financement: "un verrou à faire sauter".
"Comment trouver un équilibre entre désir de réalisation et budget ?" Se pose alors la question humaine "Comment peuvent s'entendre un réalisateur (avec toutes ses envies) et un producteur (avec toutes les limites qu'il doit mettre) ?"
Doit aussi se résoudre la question technique de "Comment monter une équipe ?", combien de personnes sur le tournage, ingénieur du son, cameraman...Pendant combien de temps ?

Détail de "The Great War", une bande dessinée dépliable de 7 mètres de long par Joe Sacco.
Ce soir là, s'ils ont répondu à quelques questions des spectateurs sur la fabrication d'un documentaire ; Laurent Segal et Vincent Marie sont repartis avec des dizaines de questions auxquelles ils doivent toujours répondre pour réaliser leur film.

texte et photos Fabien Garcin
dessins de Françoise Lienhard


"Là où poussent les coquelicots", réaction du public

Dans l'amphithéâtre de la salle de conférence de Carré d'Art, un petit groupe d'étudiantes a écouté attentivement la discussion entre Vincent Marie, Laurent Segal et Nathalie Degouzon.
Posant des questions, revenant sur des points à éclaircir, ces trois lycéennes ont fait avancer la discussion lors de la soirée.
Trois élèves de Vincent Marie, venues voir ce soir-là leur professeur dans un contexte différent. Habituées à côtoyer "Mr Marie", le prof, elle voyait ici "Mr Marie", le réalisateur.

A la fin de la séance, Emilie, Louise et Valentine ont accepté de partager leurs impressions avec nous :
  Texte et interview de Fabien Garcin, avec Françoise Lienhard au son

"Comme si nous attrapions un cobra" - quand le dessin survit au réel

Mardi 24 novembre, la Médiathèque de Marguerittes avait invité Eddie Pons, caricaturiste nîmois, pour venir s'exprimer sur le film "Comme si nous attrapions un cobra", film réalisé par Hala Alabdalla, réalisatrice syrienne. Il découvrait le film en même temps que les spectateurs.  
"Comme si nous attrapions un cobra" 
dessin de Françoise Lienhard

Eddie Pons était très ému de voir ces images sur la vie, le travail et surtout les difficultés des dessinateurs de presse à Damas et au Caire. Il s'est montré admiratif de leur travail, tant au niveau de l'expression qu'au niveau du contenu.

Souad Sitters a rencontré Eddie Pons le lendemain de la projection aux studios de RAJE:

"Jeudi 26 Novembre, j’ai eu le privilège d’interviewer le dessinateur caricaturiste Eddie PONS. Il m'a reçue comme une amie, me proposant d'emblée le tutoiement  et acceptant avec bienveillance mon appareil photo.
Eddie Pons se déclare admiratif devant les œuvres des caricatures des jeunes Syriens et Egyptiens du film d'Hala Abdalla « Comme si nous attrapions un cobra ». Pour Eddie Pons, à travers les témoignages des personnages, journalistes ou dessinateurs, caricaturistes, ce film est porteur d’espoir et de courage:




Interview d'Eddie Pons par Souad Sitters

"Comme si nous attrapions un cobra" échanges avec des spectateurs

En ce mardi 24 novembre, Souad Sitters s'est rendue à la médiathèque Simone Veil de Marguerittes.
Eddie Pons, dessinateur de presse,  accompagne la projection de "Comme si nous attrapions un cobra" de la réalisatrice franco-syrienne Hala Abdallah. Elle nous fait part des ses impressions sur cette projection émouvante :

Au cours des deux années qu’a duré la réalisation du film «  Comme si nous attrapions un cobra » - de l’été 2010 à l’été 2012 - d’immenses bouleversements se sont produits au Moyen-Orient, et notamment dans les deux pays du film, L’Egypte et la Syrie.
«  Comme si nous attrapions un cobra » est un film documentaire âpre, empreint de la souffrance de l’écrivaine et journaliste syrienne Samar Yazbek.  Depuis Damas, dans les mois précédant la révolution syrienne, jusque dans l’exil en France, cinq mois après son déclenchement, ses réflexions et ses textes ponctuent les séquences du film. On y voit également Mohieddine Ellabbad qui a su opérer la transmission de l'art de la caricature auprès de la jeune génération de caricaturistes égyptiens. Le film d'Hala Abdalla nous laisse entrevoir la richesse de l’art de ces caricaturistes en filmant à de nombreuses reprises leurs planches de dessins. «  Comme si nous attrapions un cobra » montre à quel point ces jeunes caricaturistes se sont fait l’écho des citoyens égyptiens, prônant « la résistance par l’ironie » comme l’appelle de ses vœux le journaliste caricaturiste torturé Ali Farzat.

Eddie Pons réagit, en dessins, au documentaire
 
Après la projection du film, le public était ému, silencieux, les yeux humides…

Par respect, j’ai attendu un moment avant de les approcher et d’accueillir leurs témoignages à la fois émouvants, touchants, et porteurs d'un message de SOS pour le monde.
Les témoignages de Jocelyne, Dominique ou encore d’Olivier s’unissent dans le fond:
comprendre la souffrance de l’autre et ne pas ignorer les cris sanglants d’un peuple réprimé, avide de liberté.
Selon ces spectateurs, le dessin et la littérature sont des moyens pacifiques efficaces  pour combattre la dictature en dénonçant les injustices.

J'ai rencontré Jocelyne, une spectatrice émue, qui connait bien la Syrie pour y avoir voyagé par le passé :
 
Par la suite Dominique m'a accordé un peu de temps:
 
Enfin, Olivier a partagé avec moi ses impressions:
  Sons et entretiens par Souad Sitters

"Faites le Mur" de Banksy : Le Street Art de l'ombre à la sur-exposition

De l'ombre à la lumière, de la clandestinité à la jet set artistique de Los Angeles, Banksy dresse un portrait du Street Art à travers ses figures emblématiques, depuis les premières apparitions de Space Invader jusqu'à l'exposition pharaonique de Thierry Guetta, alias Mr Brainwash. Le film s'attache en particulier à ce personnage ambigu, qui, de follower des artistes, agissant avec eux nuitamment, tous masqués et flirtant avec l'illégalité, devient un phénomène de la scène artistique de la côte ouest aux Etats-Unis.
Banksy - Flower thrower

Le réalisateur, Banksy, ne montre jamais son propre visage, pas plus dans le film, où il apparaît, silhouette noire encapuchonnée, pour commenter des moments de la vie de Thierry Guetta, que dans la réalité : il a élaboré toute son œuvre en se cachant et demeure un mystère pour ses admirateurs les plus fervents, des rues de Bristol au mur de Bethléem - près du camps d'Aida - en passant par les Etats-Unis.

Banksy - un artiste secret qui travaille dans l'ombre
Difficile de séparer le vrai du faux en regardant ce film que Banksy avait intitulé « Exit Through the Gift Shop » dans la version originale : documentaire ? Canular ? Film sur le Street Art ? Autoportrait de Banksy ? Portrait de Thierry Guetta ? On y voit en tous les cas Thierry Guetta passant ses jours et ses nuits avec sa caméra active, accompagnant comme une ombre des artistes de l'underground aussi célèbres que Shepard Fairey, Ron English, Dotmasters, Swoon, Buff Monster ou encore Invader. Il est ainsi durant des mois, des années, l’œil et la mémoire du Street Art. Il passe avec les artistes plus de temps qu'avec sa famille et sacrifie tout à ce qui semble être pour lui de l'ordre de  la  mission.

Une expo de Banksy

 A la tête de milliers d'heures de film, de centaines de cassettes vidéo en vrac dans des boites en plastique, sur des étagères ou à même le sol, Thierry Guetta se décide enfin à exploiter cette matière filmée brute. Il réalise un film de quatre-vingt-dix minutes sur le Street Art qu'il intitule « Life remote control ». Ce film est un patchwork d'images qui s'entrechoquent à grande vitesse, pas loin de la crise d'épilepsie. A vrai dire une sorte de choucroute filmique « in-regardable » si l'on en croit les dires de Banksy qui en montre dans « Faites le mur » un bref extrait.

Thierry Guetta - en train de devenir Mr Brainwash
Sur le conseil de Banksy, qui lui suggère amicalement d'abandonner la vidéo et de faire de l'art ( «Make some art! » lui lance-t-il après avoir visionné « Life remote control »). Thierry Guetta laisse de côté la caméra et investit alors tout son argent, allant jusqu'à hypothèquer sa maison, dans l'organisation d'une exposition géante à Los Angeles. Prenant le pseudonyme de Mr Brainwash, non seulement il récupère ses billes en vendant la plupart des œuvres présentées,  mais il est alors projeté, avec force publicité, sur le devant de la scène artistique de la Côte Ouest . 

Le film de Banksy est difficile à décrypter. Les dernières images elles-mêmes laissent le spectateur dans une réflexion sur la définition et le sens de l'art, sur le rôle de l'argent dans la création artistique et sur l'essence de la vie. Il est en tous les cas un hymne flamboyant à l'énergie de la création qui peut s'exprimer partout et sous toutes ses formes.

texte Françoise Lienhard

Graffitis et "artivisme", rencontre avec Cedric Crouzy

Lors de la séance du 21 novembre consacrée au film de Banksy "Faites le mur!", Cédric Crouzy est invité pour animer le débat.

Si Banksy est un artiste incontournable lorsqu'on parle de street-art, Cedric Crouzy est en train de devenir l'homme incontournable lorsqu'on parle de street-art à Nîmes.

Au Spot, Cédric Crouzy, avec Spot, le chat.
Avec l'association Bullshit, il est à initiative de "L'expo de Ouf", un projet qui couvre de fresques les murs des quartiers délaissés de Gambetta et Richelieu.

Pour fédérer les énergies créées autour de ce projet, se monte Le Spot, au 8 rue Enclos Rey, un lieu alternatif, dédié aux cultures urbaines. Le Spot reçoit régulièrement des expos, propose des concerts, nous accueille avec un bar et a même créé une petite boutique dédiée aux artistes présentés dans ses murs.

Quelques jours avant la séance de "Faites le mur!" au Carré d'Art, confortablement installé sur la terrasse du Spot, Cédric Crouzy nous parle de son rapport au street-art :


Interview menée par Fabien Garcin, avec Kelly Hubert au son.

Jepida, dessinateur d'humour, parle de la liberté d'expression et des liens entre le dessin et le réel

Jepida est un caricaturiste passionné par le dessin depuis l'enfance. A l'âge de 23 ans il réalise des dessins d'humour et, dès l'âge de 26 ans, ses dessins paraissent dans la presse. Il a publié une vingtaine d'albums à ce jour.

Je l'ai rencontré et interviewé, lors du pot du premier mardi du mois du club de la communication et de la presse de Nîmes, et il m'a gentiment dessiné une caricature en lien avec le mois du film documentaire qui se tient en novembre au Carré d'Art : un moment chaleureux et convivial.
 
Interview et texte de Samira Jelloul




 Dessin de Jepida - novembre 2015

"Caricaturistes Fantassins de la démocratie": le film de Stéphanie Valloatto projeté en présence de Laurent Salles

"Caricaturistes, fantassins de la démocratie" est un film documentaire français sorti en 2014. La réalisatrice, Stéphanie Valloatto a rendu visite à des caricaturistes et dessinateurs de presse dans une dizaine de pays pour questionner et montrer quelles étaient leur place et leur rôle dans le fonctionnement de la démocratie.

 
Laurent Salles commentant ses dessins pour le public - Photo William Flobert 
 
On rencontre ainsi dans ce film Plantu, Damien Glez dessinateur de presse franco-burkinabè, Baha, fameux caricaturiste palestinien, décédé il y a un mois, Jeff Danziger dessinateur new-yorkais, Michel Kichka caricaturiste en Israël, Rayma Suprani qui travaille au Vénézuela, Slim à Alger, Angel Boligán Corbo, installé au Mexique, le dessinateur de presse russe Mikhail Zlatkovsky, Nadia Khiari, alias Willis, Lassane Zohoré, Ivoirien, fondateur de GBich.

Chacun d'eux doit gérer la pression de la censure - parfois de l'auto-censure - et du politiquement correct. Dans les pays où la démocratie chancelle, la liberté d'expression des dessinateurs de presse est réduite à une peau de chagrin et, chaque jour, le dessin publié peut soulever une avalanche de courriers - ce qui est un moindre mal - des menaces,  l'ire d'un dictateur, une arrestations, voire la torture. Le dessin est une arme puissante pour défendre les valeurs et les libertés humaines, et le caricaturiste est un fantassin de la démocratie.

Depuis la réalisation du film de Stephanie Valloato, de l'eau a coulé sous les ponts... de Paris et d'ailleurs, du sang aussi. Plus que jamais peut-être, le travail des dessinateurs de presse dans le monde est un combat quotidien pour la sauvegarde des valeurs humaines et démocratiques.

Dominique Rousselet et Laurent Salles présentent 
le film "Caricaturistes Fantassins de la démocratie"
Croquis Françoise Lienhard
 
Mercredi 18 novembre, Laurent Salles, dessinateur de presse né à Nîmes, établi aujourd'hui à Strasbourg, était présent à la projection de "Caricaturistes Fantassins de la démocratie" au Carré d'Art. Après le film, il a évoqué longuement son travail, en montrant et commentant quelques-uns de ses dessins parus (ou non). Il produit actuellement des dessins pour divers médias : quotidiens, magazines et sites web. On peut ainsi voir ses dessins dans l'Alsace, Sciences et Vie Junior et sur le site de Rue 89.


Laurent Salles et le dessin du réel :

Texte et interview : Françoise Lienhard,
son : Souad Sitters

Laurent Salles, caricaturiste

Le lendemain matin, dès 11 heures, nous avons retrouvé Laurent Salles au kiosque du Carré d'Art, où il a réalisé en direct et en public des dessins destinés à la presse, comme il le fait chaque jour.

Souad Sitters interviewe Laurent Salles.

Il s'est également prêté au jeu de la caricature avec les personnes présentes, pour le plus grand bonheur de ces dernières. Comme avec les membres de notre équipe, avec ici Souad Sitters :

 
Laurent Salles au travail au kiosque du Carré d'Art.
 
 


 Il a également répondu aux questions d'EntreVoix sur les liens qu'il tissait avec le réel par l'entremise de ses dessins et sur la liberté d'expression des dessinateurs de presse.


Laurent Salles évoque la liberté d'expression du dessinateur de presse
L'intervieweuse croquée par Laurent SallesTexte et interview : Françoise Lienhard,
Photos et son : Souad Sitters

La philo à bras le corps - vive la philosophie buissonnière avec Alain Guyard


Yohan Laffort est un observateur militant de notre temps. Ses films questionnent les notions d'identité, de culture, de transmission, d'altérité. Ils interrogent les nombreuses formes de résistance.
" La Philo à bras le corps" - dessin de Kelly Hubert


Avec le documentaire "la Philo à bras le corps", Yohan Laffort amène le spectateur sur les traces d’Alain Guyard. Celui-ci nous met à table avec la philosophie, qu'il ramène à sa dimension charnelle, dérangeante, dans des lieux inattendus, près des citoyens désireux de questionner leur rapport au désir, à la vie, aux autres, au monde. 

Fabien Garcin a conversé avec Alain Guyard. Un rendez-vous téléphonique prit un peu avant midi, Alain Guyard est dans sa cuisine, tablier autour du coup, il se prépare à cuisiner des croque-monsieur (à l'ananas)...

Interview d'Alain Guyard, écrivain, raconteur d'histoires (et aussi un peu philosophe)



Interview téléphonique: Fabien Garcin,
avec le soutien technique du studio de France Bleu Gard Lozère

Comme annoncé dans l'interview, Alain Guyard était présent à Nîmes le samedi 14 novembre à la Coletilla. 
Une date particulière. Au lendemain des attentats de Paris, la France se réveille groggy, sonnée, meurtrie. Prévu longtemps à l'avance, le sujet de la discussion du jour prenait aussi une résonance particulière:  le fait religieux. 
Une soirée au titre provocateur et joyeux :"Dieu est un trou et Satan m'habite". 

Comme tout conférencier Alain Guyard s'appuie sur des documents visuels pour étayer ses propos. 
Mais, on commence à le comprendre, Alain Guyard ne fait rien comme personne. Plutôt qu'un powerpoint aux couleurs pastel, le document pédagogique fournit au public est un petit livret fait maison: des extraits de textes de Rousseau et de Nietzsche, écrits à la main et agrémentés de dessins par son ami Pascal Gros :


Bien que l’événement n'était pas en lien avec le Mois du Film Documentaire, nous avons choisi de vous montrer ce petit livret, d'abord parce qu'il tombe en lien direct avec le sujet du festival : "les dessins du réel". Ensuite parce qu'il nous rappelle la forme fanzine (dont nous avons parlé plus bas dans ce blog). Enfin, il demeure la trace tangible d'une soirée vécue, certes dans la réflexion philosophique, mais avant tout dans l'émotion, le partage citoyen et la résistance aux obscurantismes. 
 
Texte, interview et photos par Fabien Garcin.

Le C.O.D. et le Coquelicot


Je me suis rendue à la médiathèque Jean PAULHAN, au Mas de Mingue, pour visionner trois films documentaires. J'ai été particulièrement intéressée par un de ces films : « le C.O.D. et le Coquelicot ». 

Dans une école primaire d’un quartier périphérique de Paris, cinq jeunes maîtres sans expérience ont fait le pari de rester. Cinq ans après, ils nous parlent de leur quotidien dans ce lieu où ils tentent de construire entre découragement et projets, une école pas comme les autres. « Ça m’affecte que personne dans ma classe ne sache ce qu’est un coquelicot. Ça m’affecte énormément. J’en viens à douter des priorités, à douter de ce dont je ne devrais pas douter : à quoi ça va leur servir de savoir ce qu’est un C.O.D., s’ils ne savent pas ce qu’est un coquelicot ? » 

Sylvie DARRAS, animatrice pour l'Ecole des Parents et des Educateurs du Gard (EPE 30) répond aux questions de Souad Sitters.

"La craie et la plume" : Dessin de Kelly Hubert
Interview de Souad Sitters, prise de son William Flobert
 
Selon Sylvie Darras, de l'(EPE 30), venue animer le débat qui a suivi les projections, être éducateur est un métier qui n'est jamais acquis, qui change tout le temps car le monde change.
Pour elle, ce film est un témoignage touchant, car nous sommes en face d'enseignants dans une situation de fragilité ; ils se heurtent au réel malgré leurs volonté et leur détermination.« Le C.O.D. et le coquelicot » est aussi, selon elle, une leçon de vie : avoir un autre regard sur les autres, se rendre compte que la colère n'a pas sa place au sein de l'école, de l'école publique. Essayer de comprendre le rébellion des jeunes élèves, le contexte social, psychologique et familial pour gagner le pari de l'éducation.
Ce film propose un nouveau regard sur ces professeurs qui enseignent dans des écoles réputées « ingérables »

 "Le COD et le Coquelicot" – dessin de Françoise Lienhard

Texte de Souad Sitters

Le C.O.D. et le Coquelicot : quelle place dans l'imaginaire des enfants?

Nous nous sommes rendues à l'école André Galan, vers le stade Jean Bouin, pour voir si les enfants connaissaient les coquelicots.

Quatre élèves, dont une fillette, ont répondu à nos questions. Marwa, 6 ans, était la seule à connaître cette fleur qu'elle a su dessiner : une minuscule fleur rouge au centre d'une grande feuille blanche !
Le coquelicot dessiné par Marwa, 6ans

Nous nous sommes ensuite rendues à l'école Henri Wallon, à Pissevin, à la rencontre d'autres jeunes élèves à la sortie des classes. Quelques uns d'entre eux, ont répondu à nos questions, sur le Coquelicot.


Interview des enfants à propos du Coquelicot

Voici les dessins de coquelicots réalisés par les enfants âgés de 6 à 8 ans que nous avons rencontrés.







Cette belle fleur rouge vif, sans odeur, avec ses 4 pétales et ses graines légères, attire l'œil. Elle pousse partout dans la nature, visible de loin comme de près. Elle est le symbole de la vie, de la joie, de la plénitude, rien n'est joli comme un massif de coquelicots frémissants. La tisane de coquelicot (ou la tisane aux quatre fleurs) est utilisée comme adoucissant et soigne les maux de gorge. 


Interview et texte de Mariama M'Déré et Hilmat Salim

Craie, plume, espace, C.O.D. et coquelicot - Une soirée à la bibliothèque Jean Pauhlan

Le vendredi 13 novembre, c'est au tour de la bibliothèque Jean Paulhan d'accueillir le Mois du Film Documentaire.Trois documentaires ont été projetés :
- "Le C.O.D. et le coquelicot", réalisé par Cécile Rousset et Jeanne Paturle,
- "Espace", réalisé par Eleonor Gilbert et
- "La craie et la plume", un film de Lionel Retornaz.


Trois films liés par la thématique de l'école, avec trois angles différents de prise sur le réel, avec une approche créative et originale.
Film d'animation pour "Le C.O.D. et le coquelicot", plans fixes et voix off pour "La craie et la plume", plan simple sur une fillette qui dessine pour "Espace".
Ces trois approches nous entraînent au plus près de l'école, de son fonctionnement entre élèves, aux difficultés que rencontrent les enseignants, en passant par les rêves et les craintes des enfants.
La projection des films est complétée par un débat. 
Sylvie Darras, animatrice pour l'Ecole des parents et des éducateurs du Gard (EPE30), conduit une discussion animée sur la place de l'école dans une société qui change.


Texte et photos : Fabien Garcin

Craie, plume, espace, C.O.D. et coquelicot - une soirée presque comme à l'école

L'école est un univers où tous cohabitent avec plus ou moins d'enthousiasme. Trois courts métrages documentaires étaient présentés ce vendredi 13 novembre à la Médiathèque Jean Paulhan, montrant les difficultés rencontrées par les uns et les autres. 
Un débat, animé par Sylvie Darras, animatrice pour l'Ecole des parents et des éducateurs du Gard (EPE30) a suivi la projection.

"Espace", d'Eleonor Gilbert, présente une gamine bien dans ses baskets qui, se servant du dessin comme outil de communication, explique à la réalisatrice la difficulté pour les filles de prendre leur place dans la cour de récréation. Elle fait courir son crayon sur le papier avec l'aisance d'un général présentant son plan d'attaque à ses officiers. Mais son désarroi est réel devant l'impossibilité de s'appuyer sur les adultes - en l'occurrence les enseignants de son école - pour l'aider à s'imposer légitimement sur un bout de territoire. Sa représentation mentale de l'espace et la facilité qu'elle éprouve à transcrire celui-ci sur le papier a étonné plus d'un spectateur.


"Le C.O.D. et le coquelicot", de Cécile Rousset et Jeanne Paturle transporte les spectateurs dans une école d'un quartier périphérique de Paris, avec des enfants ayant de grosses difficultés à accepter les règles de l'école. Ici, cinq jeunes enseignants décident de s'impliquer sur le long terme, dans des classes où les apprentissages se font de haute lutte ; ils sont filmés dans leur classe, leur école, lors d'une classe de neige, etc. Le recours au dessin et à la peinture dédramatise ce qui ressemble bien souvent à un bras de fer avec les enfants.

Cette prise de distance rend ce film - qui prend figure de film d'animation - léger et touchant, malgré la difficulté du sujet. Il permettra peut-être aux éducateurs qui auront vu ce film de se positionner différemment dans leur rôle, face aux enfants ou avec eux.



"La craie et la plume", de  Lionel Retornaz, est un film très onirique qui met en scène trois enfants et leur parole au cœur d'une classe qui semble déserte, comme abstraite. Ces enfants rêvent, imaginent, parlent à mi-voix de leur désir de créer, de dessiner, d'écrire. Les images suivent ces paroles de manière discrète, elliptique, par petites touches de lumière.
 texte et illustrations : Françoise Lienhard

Underground et fanzinat : le point de vue de Pacôme Thiellement, essayiste et réalisateur

Au lendemain du "Cabaret métaphysique" donné le 10 novembre au Périscope, dans le cadre du ZO festival à Nîmes, Pacôme Thiellement s'est prêté à une interview pour l'atelier radio EntreVoix, dans les allées des Jardins de la Fontaine.

On y retrouve la générosité de ce personnage marquant de la scène underground française, dont le cœur est ouvert aussi bien à la pataphysique d'Alfred Jarry, qu'aux délires de Franck Zappa, à la fantaisie de séries comme Twin Peaks ou à l'univers fantasque du fanzinat. 




Interview de Françoise Lienhard 

Le fanzine, entretien avec Joël Mas, dessinateur et auteur du fanzine "Dark Wine"


Joël MAS est le dessinateur d'un fanzine qui raconte avec humour les histoires de son personnage appelé Dark Wine. Il nous a parlé de son univers. Joël MAS présentait ce vendredi 13 novembre au Bada Bing, 8 rue Jean Reboul à Nîmes, sa cuvée 2015 : "Dark Wine est formidable", fraîchement imprimé par l'atelier d'arts graphiques de l'Artothèque Sud de Nîmes.

Entretien réalisé par Nicolas Auzéby dans les studios de RAJE, avec Kelly Hubert à la technique.

Joël Mas,dessinateur et auteur du fanzine "Dark Wine".



Retrouvez Dark Wine et son auteur sur le net :
pour écouter la musique de Dark Wine c'est ici
pour aller sur le site de Dark Wine -le vrai ! - c'est par là ,
ou encore par là  si vous voulez découvrir les fanzines de Joël Mas.

Jacques Velay, dessinateur de fanzine réagit à l'issue de la projection du film "Undergronde"

A la sortie du film « UnderGronde », nous avons abordé au hasard un des spectateurs, dans le brouhaha de la fin de soirée au ZO. 
Le hasard faisant bien les choses, c'est Jacques Velay, dessinateur montpelliérain, ami de Mattt Konture et de Francis Vadillo, membre de l'Association, contributeur à divers fanzines, et auteur de « Jean de l'Ours ».
 
Il s'est confié au micro d'EntreVoix.


Entretien, prise de son : Françoise Lienhard