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"Une chambre Syrienne", réactions de spectateurs

Un spectateur touché par "Une chambre Syrienne", Dominique nous fait part de sa réaction : 

"Ce régime hait les enfants", parole qui crucifie toute la réalité de la guerre en Syrie et donne un accent incomparable au film de Hazem Alhamwi.
Un grand film sur la guerre sans une seule image de guerre!
Ah si, une, mais sous la forme d'un nuage (poussières soulevées par une explosion), et quelques passages sonores (qui sont, au milieu des balles, des cris pour appeler à la paix)."

Autre réaction du public avec cet entretien, réalisé à la fin de la projection :



Interview menée par Souad Sitters, prise de son William Flobert. 

"Une Chambre Syrienne", rencontre avec la productrice Nathalie Combe

L'équipe d'EntreVoix a profité de la diffusion du film "Une Chambre Syrienne" pour rencontrer sa productrice Nathalie Combe.

Nathalie Combe est une productrice de Cosmographe Productions à Montpellier. Elle produit des films au niveau international. Elle est engagée dans la production de film, documentaires principalement, avec une constante : soutenir des films où l'on voit des individus tourmentés pas les mouvements de l'histoire. Des individus qui cherchent leurs chemins, individuels mais dans un contexte collectif et difficile.
Telle est l'histoire du dessinateur Syrien dans "Une Chambre Syrienne".
Pour Nathalie Combe, les films ont une place particulière; c'est un moyen artistique de raconter les problèmes existentiels.
Autrement dit, dans un monde aussi tourmenté, un film est non seulement un moyen fort d'exprimer ses sentiments et ses expériences, mais aussi un moyen de passer la pensée, une pensée qui est encore en train de se chercher...



 Interview réalisée par Souad Sitters, avec Kelly Hubert à la prise son.
Texte de Souad Sitters. 

Une Chambre Syrienne : impressions sur le documentaire de Hazem Alhamwi

Que devient la vie d'un être humain, d'un dessinateur lorsqu'il est privé de sa liberté d'expression ? 


Dans son film Une Chambre syrienne, le dessinateur syrien Hazem Alhamwi expose le monde où il évolue, avec l'espoir de toucher le regard du spectateur et de susciter chez lui plus que de la compassion, de la révolte. On y découvre un monde rétréci à l'échelle de sa chambre, seul espace où il est encore relativement libre de laisser jaillir ses angoisses, sa peur, sa haine de l'oppresseur. Encre noire sur de grandes feuilles de papier : milliers de regards emprisonnés, larmes noires, sang d'encre... La vie sous les décombres.


La tortue, comme la torture scandent le film. La tortue, animal d'un autre temps et sa « maison sur le dos » semblent ici la métaphore de l'enfermement ultime, du monde réduit au repli sur soi. Mais sa carapace est en soi une œuvre d'art indestructible.

La torture, elle, est évoquée ici par ellipses et avec pudeur par ceux qui l'ont subie, méprisable outil des dictateurs destiné à briser toute parole, tout moyen d'expression, tout échange humain, entre humains, et toute confiance.


Comment ne pas être touché par les larmes de l'institutrice, par le calme sourire de l'oncle du dessinateur, qui a passé plus de deux décennies en prison, par le chant de sourde révolte de l'ami qui ne peut supporter la mort des enfants syriens ?

texte Françoise Lienhard, dessins Mariama M'déré et Françoise Lienhard